Extrait
de l’intervention de Gilles Kahn lors des journées technologiques du Brésil à
l’INRIA le 12 octobre 2005
En
ce qui concerne le développement de la
recherche et la coopération dans les STIC et la coopération entre la France le
Bésil, ce genre de réunion est l’occasion avec mes collègues de faire le point
et de constater que progressivement à travers les changements éventuellement
administratifs de la gestion de la recherche au Brésil où en France, ces
coopérations ont globalement cru et sont je dirais de bonne qualité
scientifique. Sans entrer dans les détails ni examiner 1 par 1 chaque
proposition, je connais leurs promoteurs et je sais que ce genre de personne
n’accapare pas beaucoup de temps de voyage sans de bonnes raisons. Et c’est une
impression générale que je retire de cette coopération, d’un partenariat
scientifiquement équilibré où mes collègues apprennent des choses de leurs
collègues brésiliens et réciproquement. Et je crois qu’il y a peu de gages de
stabilité, voire de croissance dans le développement des relations
internationales aussi fort que l’intérêt égoïste des uns et des autres, dans le
fait que c’est bon pour leur carrière scientifique qu’ils apprennent des choses
et qu’ils progressent. Donc j’y vois un signe extrêmement positif.
Vis à vis du domaine plus particulier du logiciel,
bien entendu les instituts d’informatique et de mathématiques appliquées se
posent la question de la fonction du logiciel dans l’industrie bien sûr et dans la société plus
généralement parce que le logiciel sert aussi à remplir des fonctions je dirais
sociétales, pas uniquement industrielles. Et il est clair que dans mon
esprit l’industrie du logiciel n’a pas atteint un état stable où l’on comprend
s’il existe une et une seule méthode pour exploiter les logiciels, sachant
qu’en particulier les logiciels en question sont de nature très différente :
le logiciel qui est dans votre voiture est exploité au fonds quand on entre
dans la voiture, d’autres logiciels sont vendus sous forme de disquettes, ou
encore un très grand nombre de logiciels sont mis à disposition gracieuse soit
comme des résultats de recherche soit parce que les gens qui l’ont écrit n’ont
pas particulièrement d’ambition de rémunération ?. Et donc je crois que
dans des pays comme la France où le Brésil qui ont un soucis de créer une
industrie et plus généralement une activité autour du logiciel, qui vibre, où
il y a de la création, il y a de la créativité. Il y a certaines questions
qui se posent de la même manière. Quels sont les logiciels qu’il faut
développer ? parce qu’au fond grâce à leur existence d’autres industries
pourront se développer et par conséquent il est déraisonnable d’en faire la
base de ressources économiques. Ou quels sont aussi les moyens de rémunérer de
faire vivre les gens qui construisent
des logiciels. Si on peut pas toujours tout donner dans la vie, de temps en
temps il faut travailler pour récupérer
des religier ? donc y a cette question d’équilibre entre les
logiciels qui ont une vocation culturelle ou qui ont une vocation de déclencheurs d’autres possibilités
industrielles et puis les logiciels que
l’on cherche à exploiter parce que sa possession, son contrôle, donne un
avantage économique qu’il est légitime ensuite de rémunérer. Je crois qu’au
Brésil on se pose ce genre de question notamment pour éviter l’existence de
monopoles. Que en France on se pose ce genre de question pour la même raison et
aussi parce que peut-être comme au Brésil nous y voyons un des chemins de
développement de notre pays, une activité essentielle, aujourd’hui on dit
quelque chose du genre « exploitation des connaissances », mais
exploitation des connaissances aujourd’hui très souvent ça se termine par la création d’un logiciel qui est
ensuite diffusé. Donc je crois qu’il y a entre nos deux pays de nombreuses
raisons de discuter d’avoir des partenariats équilibrés dans une variété de
domaines, nous évoquions l’industrie aéronautique par exemple qui est un
point très fort au Brésil et en France et en Europe en général également,
d’autres domaines dans lequel un certain nombre de mes collègues investissent,
la robotique, aussi dans des domaines comme la bio informatique
etc. Je vois ça avec très grande satisfaction et peut-être que grâce à cette
exposition un certain nombre de nos collègues connaîtront mieux vos productions
et je crois, comme l’a indiqué monsieur le ministre, que d’une meilleure connaissance des uns et des autres
déboucheront, selon toute probabilité, des échanges plus intenses dans l’avenir…
lieux bien organisés pour faire des démonstrations…interviewer les gens…voir ce
qu’il y a derrière…autres visiteurs espérés…
Et puis il y
a un autres point sur lequel bien entendu il peut y avoir aussi des
discussions. C’est sur la relation entre les organismes de recherche d’une
part et la création d’ entreprises puisque l’INRIA en une 20taine d’années
a créé de l’ordre de 80 entreprises dont nous sommes fiers que la moitié soit
encore en vie, ce qui est supposé être un nombre élevé ? moi je suis
heureux pour eux d’autant que pratiquement toutes ces entreprises étaient dans
le domaine à peu de choses près du logiciel !